Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 16:07
 Comme ce livre n'est plus disponible en librairie, et comme l'Art d'aimer est au programme du bac, j'ai souhaité, en mettant sur mon blog les passages qui concernent cette oeuvre, le rendre consultable par qui le désire. J'espère qu'il vous sera utile et je vous souhaite bonne lecture !

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

 

 

 

Pour un enseignant, se voir attribuer un cours sur Ovide (qu'il soit au pro­gramme d'une année universitaire ou au programme d'agrégation) est toujours un pur bonheur : nul auteur, peut-être, ne "marche" mieux avec les étudiants, quels qu'ils soient. Les latinistes débutants découvrent (pour certains d'entre eux avec quelque étonnement...), après des mois de dominus ancillae rosam dat, que le latin, ce sont aussi des textes, et que ces textes, pour être parfois un peu ardus, peuvent être très amusants ; les "premières années" classiques s'initient avec plaisir aux jeux subtils du poète-amoureux, amoureux du langage autant que d'une puella, qui mêle art d'aimer et art d'écrire en un entrelac raffiné ; les agrégatifs mettent à profit leurs connaissances plus complètes pour se livrer aux joies de l'intertextualité, goûter les remplois ingénieux de telle ou telle figure, et apprécier les pro­vocations de l'enfant terrible du régime augustéen. Tous, nous voulons le croire, se lais­sent prendre au charme d'un poète dont la grâce juvénile "parle" encore aux lecteurs du XXème siècle finissant, et du XXIème siècle commençant...

 

En effet, Ovide trouve en chacun de nous une résonance propre, et nous fait entrer dans un univers où la latinité, pour cultivée et référentielle qu'elle soit (et nous parlerons longuement, au cours de cet ouvrage, des parallèles intentionnels tracés par l'auteur entre telle et telle de ses pièces et telle œuvre antérieure), a un écho universel : les jeux de l'amour dont l'Art d'aimer apprend les règles, et dont les Amours explorent systémati­quement toutes les facettes, sont éternels. Ces deux ouvrages, quoiqu'offrant au latiniste, nous le verrons, d'utiles connaissances sur la société augustéenne, auraient pu  tout aussi bien constituer la trame d'un film de Lubitsch ou de Billy Wilder dans les années 50, et pourraient également fournir le scénario d'une de ces comédies sentimentales que le public aime tant...

 

Dans la quatrième de couverture de  son édition de poche des Amours, Jean-Pierre Néraudau comparait implicitement Ovide à Mozart et à Fragonnard, à La Fontaine, Marivaux et Choderlos de Laclos. De fait, il est probable qu'une des raisons qui nous rendent Ovide si familier est l'extraordinaire postérité littéraire que connut son œuvre. En en­visageant les Amours  et l'Art d'aimer comme des "textes fondateurs", nous rencontre­rons sur notre chemin, bien sûr, les poètes de l'amour courtois et du pétrarquisme, les précieuses du XVIIème siècle avec leur "Carte du Tendre", mais aussi La Rochefoucauld et son mora­lisme pessimiste, mais aussi Valmont et son immoralisme combatif. C'est à ces ren­contres que nous convions le lecteur, après une analyse de quelques aspects de l'œuvre ovidienne, et avant une étude de quelques morceaux choisis.

 

Par sylvie.laigneau-fontaine - Publié dans : ovide, art d'aimer
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